Architecture de l’intérieur





D’abord un abri, un refuge, un antre pour être imperméable avec de l’air et de la lumière. Comme une protection, le vêtement de notre espace vital veut pouvoir être manteau épais et robe légère. Ce qui me semble le plus sophistiqué, dans le sens d’accomplissement d’une harmonie
entre toutes les contradictions, c’est la traversée de la lumière et des vues :
Vouloir que la couleur du ciel si changeante soit la raison d’une fenêtre,
Que les lumières de la ville soient la raison d’une porte,
Que le vent doux soit la raison d’une baie.

Vouloir un intérieur pour nuancer notre appartenance à l’extérieur.

Avant de s’adresser à nos modes de représentation, à nos modes de vie, à nos modes pathologiques, une architecture de l’intérieur est le second couteau, celui qui a déjà conscience des points d’impact, celui qui n’est plus innocent.

C’est de cette conscience que vient le désir de faire, de concilier, de montrer ce qui est encore possible.

Traverser un lieu construit, ce n’est pas traverser un paysage : il s’offre comme des repères à l’échelle humaine. Il faut être dedans, on ne peut pas le survoler en hélicoptère, ce ne serait qu’un plan en trois dimensions. On ne peut pas le contourner, on parlerait alors d’architecture ou d’objet dans le paysage.

C’est dire si chaque point de vue a son importance, c’est la suite de nos déplacements corporels et visuels qui nous permet de lier le fil de l’ensemble.

C’est un travail de détails, de ponctuation, comme une histoire dans un livre où il nous faut passer à travers chaque mot pour l’avoir lu.
Rien n’est écrit ici, il n’y a pas de décor pour donner le ton, il y a juste des murs fixes, plus ou moins percés, des cloisons souples qui enveloppent la possibilité de vie.
L’architecture de l’intérieur s’interroge sur tous ces possibles, parfois à l’écoute de l’architecture, parfois à l’écoute de la vie à l’extérieur et toujours à l’écoute de la vie intérieure.


Mathilde Bretillot
31 Mai 2009

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